Archives pour la catégorie Albums pour les grands

Liberté

libertecouverture.jpgVoici un très bel album, qui a été un véritable coup de coeur pour moi. Il reprend tout simplement le fameux poème de Paul Eluard, Liberté, et le texte déjà puissant est porté très haut par le concept et les couleurs de l’album.

Sur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J’écris ton nom

Au fil des pages que l’on tourne, du poème qui se déroule, l’illustration s’étoffe, se précise. Les pages sont découpées au laser et font apparaître petit à petit les éléments du décor. Les formes sont assez simples, épurées, et les couleurs sont chaudes et discrètes, laissant la force du texte nous envahir. C’est une expérience vraiment touchante.

A la fin du poème, vous pouvez dérouler les pages dans l’autre sens, et vous aurez accès à une partie documentaire sur le contexte de l’écriture du poème, la vie d’Eluard.

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Liberté, Anouck Boirobert, Louis Rigaud, Paul Eluard, Flammarion, 2012, 16€50

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Joséphine

jodephine-bakerVoici une biographie en album de la grande Joséphine Baker, sous-titrée « Joséphine Baker, la danse, la Résistance et les enfants ».

Des illustrations et un texte dynamiques, à l’image de cette grande dame ; un destin hors du commun … tous les ingrédients sont réunis pour captiver le lecteur, enfant ou grand d’ailleurs.

Vous n’aurez qu’une envie en refermant ce livre, celle d’aller voir des vidéos de Joséphine, et peut-être de vous renseigner un peu plus. En effet cette biographie peut sembler simplifiée, voire édulcorée, mais disons que cela fait une bonne entrée en matière, surtout pour les plus jeunes. Cet album est un excellent point de départ pour aborder des sujets plus complexes tels que le racisme, la Résistance, la lutte des Noirs pour la reconnaissance de leurs droits.

A partir de 8 ans.

Joséphine, Patricia Hruby Powell et Christian Robinson, Rue du Monde, 2015, 19€50

La mégalopole

megalopoleVoici aujourd’hui une petite perle, une belle trouvaille, un grand coup de cœur !

Cet album est à la fois original dans son format, très attrayant dans ses illustrations, et surtout le texte est simplement beau.

Il s’agit en fait d’un livre à dérouler (prévoir plus de trois mètres de long devant soi !), qui dévoile ses secrets petit à petit. L’image ne cesse de s’allonger alors que le texte défile au fur et à mesure. L’histoire raconte l’arrivée d’un étranger, un extra-terrestre, dans la mégalopole. L’accueil qui lui est réservé est extrêmement chaleureux, il deviendra carrément ambassadeur! Il y aurait beaucoup à dire sur les valeurs défendues.

Sur la quatrième de couverture, vous apprendrez que le dessin comporte 118 bâtiments, 17 espèces de fleurs, 454 fenêtres… et si vous vous amusiez à tous les retrouver ?

A se procurer de toute urgence, dès 5 ans (voire avant si l’enfant est soigneux) et jusqu’aux adultes qui aiment les beaux livres jeunesse.

La mégalopole, une histoire à lire à la verticale, Cléa Dieudonné, éditions L’agrume, 2015, 16€

Voir le jour

voir-le-jourCe livre nous parle de la Vie.

Avec justesse, précision et poésie, il évoque la naissance, l’amour, la mort. Il sublime les bonjour incite aux je t’aime et apaise les au-revoir.

Il est d’une beauté graphique à couper le souffle, et lorsque vous le manipulez, avec la tendresse qu’il mérite, les couleurs qu’il dévoile vous vont droit au cœur.

C’est pour lui que j’ai créé ce blog, c’est pour lui que j’aime mon métier.

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Voir le jour, Emma Giuliani, Editions des Grandes Personnes, 2013, 12€50

Le conte chaud et doux des chaudoudoux

le conte chaud et doux des chaudoudouxCe n’est pas une nouveauté que je vous présente aujourd’hui, mais plutôt un incontournable. Le conte chaud et doux des chaudoudoux nous parle des rapports humains et de la manière dont nous les construisons, de la bienveillance.

Dans ce pays-là, tout le monde possède un sac à chaudoudoux, une ressource inépuisable à distribuer autour de soi sans compter. Recevoir un chaudoudoux rend heureux, l’offrir aussi. Mais la méchante sorcière, qui vend des filtres de bonheur, trouve que cela n’est pas très bon pour ses affaires et elle décide de faire croire à tout le monde que les chaudoudoux ne sont pas inépuisables. S’installe alors un climat de méfiance propice au commerce des potions de la sorcière.

On en ressort sans solution ou morale de l’histoire pré-mâchée par l’auteur. Reste une question qui n’est pas tranchée et ce sera à chacun de faire le choix : souhaitons-nous être bienveillants avec les personnes qui nous entourent ? Cela ne coûte rien et apporte du bien-être à tout le monde, mais la sorcière rôde pour nous le faire oublier…

A partir de 7 ans (le sujet est quand même complexe) et surtout, sans limite d’âge.

Le conte chaud et doux des chaudoudoux, Claude Steiner (texte) et PEF (illustrations), Intereditions, 2009, 15€

Coeur de pierre

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« L’enfant au cœur de pierre était né en décembre

et tous les médecins lors de l’auscultation

annoncèrent aux parents qu’ils ne pouvaient entendre

les battements de cœur de leur petit garçon.

C’est ainsi que tomba l’horrible diagnostic

on leur dit que leur fils ne sourirait jamais

qu’il n’aimerait personne et serait allergique

à tous les sentiments que les autres éprouvaient ;

qu’il serait tous les jours de très méchante humeur

qu’il avait une pierre à la place du cœur !

Le même jour d’hiver, à l’instant très précis

où l’enfant cœur de pierre poussait son premier cri

une petite fille vint au monde elle aussi,

elle ne cria pas, au contraire elle sourit… »

L’univers graphique est aussi beau à l’intérieur que la couverture ; le texte est, si c’est possible, de plus en plus émouvant au fil de l’album ; le troisième personnage encore plus attachant que les deux premiers… Je n’en dis pas plus, pas facile d’écrire derrière un texte comme ça !

Cœur de pierre, Séverine Gauthier (texte) et Jérémie Almanza (dessin), Delcourt, 2013, 9€95

Le loup qui mangeait n’importe quoi

le-loup-qui-mangeaitnimportequoiCet album est trop bien, c’est pour ça que je l’aime.

Il a froid il a faim, il est pâle il est blême.

Ce pauvre loup verra qu’il ne faut pas manger

tout et n’importe quoi, il doit se ménager.

Car à tout engloutir sans se préoccuper

il va vraiment finir par tous nous dégouter !

La morale de l’histoire : c’est en alexandrins

que même le pire foutoir peut avoir l’air malin.

Le loup qui mangeait n’importe quoi, Chris Donner et Manu Larcenet (oui, c’est bien lui), Mango jeunesse, 2013, 14€50