Archives pour la catégorie Bandes dessinées

Le port des marins perdus

Le_Port_des_Marins_PerdusUne histoire de navigation, de trahison, de naufrages peut-être, de fantômes, et surtout d’amours.

Marin, filial, littéraire, amical, loyal, amoureux… La question de l’attachement est omniprésente dans l’histoire d’Abel, capitaine assassiné puis repêché, revenu d’entre les morts sous la forme d’un jeune garçon. Il n’est plus vivant et peut le voir, ce Port des Marins Perdus chanté dans les légendes. Cet étrange garçon semble tout connaître de la mer malgré son jeune âge, et ne laisse personne indifférent.

Chaque personnage de ce récit est complexe et attachant, et prend le temps de faire et dire ce qu’il doit. Ils en ressortent tous grandis, changés.

Le texte est poétique et le crayonné à la fois doux et précis. Si vous ouvrez cette BD vous la lirez, si vous la lisez vous l’aimerez. Elle fait plus de 300 pages et prend le temps de raconter sans longueur ni précipitation.  Je repense souvent à ses personnages, à des détails de l’histoire, et je sais que je prendrai le temps de la relire un jour.

Un amour exemplaire

unamourexemplaireDaniel Pennac fait équipe avec « la Cestac » pour cet album rempli de tendresse et d’étincelles. Elle lui prête sont trait bien trempé, il lui prête sa narration drôle et sensible.

Cet amour exemplaire, c’est celui qu’ont vécu les voisins de Pennac, et dont il a été témoin tout le long de son enfance. Il est un parfait exemple de l’expression « vivre d’amour et d’eau fraîche ». Loin des conventions sociales, loin des normes, ces deux-là se sont aimés et n’ont eu besoin de rien d’autre, à part de livres.

Le tout est très romantique, trop peut-être pour certains, mais l’humour et le dessin de Florence Cestac sauvegardent le tout de la mièvrerie.

Un amour exemplaire, Daniel Pennac et Florence Cestac, Dargaud, 2015, 14€99

Le rapport de Brodeck

rapport-de-brodeckVoici le premier tome du Rapport de Brodeck (roman de Philippe Claudel), adapté en bande dessinée par Manu Larcenet.

La lecture de ce chef d’œuvre m’a laissée toute chancelante, entre admiration pour le talent de Manu Larcenet, qui ne cesse de grandir, et profond dégoût pour la noirceur dont l’humanité peut faire preuve.

Brodeck est un homme qui est rentré traumatisé des camps de concentration de la seconde guerre mondiale. Il vit dans un village très isolé, entouré d’une nature grandiose. Et puis, un jour, un étranger arrive… Tout cela, le lecteur le découvre petit à petit ; ce qu’il sait depuis le début, c’est que les hommes du village ont, collectivement, assassiné l’étranger. Ils vont alors demander à Brodeck de rédiger un rapport pour expliquer leur geste…

Le rapport de Brodeck, adaptation en BD du roman de Philippe Claudel par Manu Larcenet, éditions Dargaud, 2015, 22€50, prévu en 2 tomes.

Le grand méchant renard

grand-méchant-renardLe grand méchant renard a faim, il a très faim. Il mangerait bien une poule, une poule bien grasse !

Le seul problème, tout petit problème, c’est que le grand méchant renard n’est pas du tout… méchant ! Du coup il n’est pas très convaincant, et tout le monde se moque de lui. Certains essayent bien gentiment de l’aider, ce qui ne le rend que plus ridicule encore.

Plongez sans attendre dans cette histoire très drôle (pauvre renard, il faut toujours qu’on se moque de lui) et vous découvrirez si oui ou non il arrivera à grignoter sa poulette.

Pour prolonger l’aventure ou vous en donner un avant goût, c’est selon, rendez-vous sur cette page : http://www.editions-delcourt.fr/special/grandmechantrenard/turbomedia.php

vous y trouverez une histoire dont on est le héros, et vous pourrez guider cet attachant renard jusqu’à la poule de ses rêves.

A lire par toute la famille.

Le grand méchant renard, Benjamin Renner, Delcourt, 2015, 16€95

Kersten, médecin d’Himmler, 1/2

501 KERSTEN T01[BD].inddVoici une bande dessinée historique qui attire en premier lieu par sa couverture, très réussie. La série sera très courte, 2 tomes seulement, et dresse le portrait d’un mal connu de l’Histoire : le docteur Kersten, qui fut le médecin d’Himmler durant la seconde guerre mondiale.

Étant le seul à pouvoir calmer les douleurs d’estomac du bras droit d’Hitler, Kersten va se retrouver contraint de rester près de lui pendant toute la guerre. Une position particulière, dans l’oeil du cyclone, dont il se servira  pour jouer le jeu des alliés en demandant la libération de certains prisonniers politiques, allant jusqu’à influencer considérablement les décisions d’Himmler…

Kersten, médecin d’Himmler, tome 1/2, Patrice Perna et Fabien Bedouel, Glénat, 2015, 13€90

Un océan d’amour

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Voici une bande dessinée hors du commun.

Sans texte, elle aborde beaucoup de thèmes, met en scène des personnages précis et attachants, tantôt dénonce, tantôt émeut. Aucune case ne laisse indifférent.  Dans l’océan et ses occupants se reflètent notre société et ses problématiques, ni plus ni moins.

Le duo Lupano-Panaccione marche à la perfection, ils se sont vraiment affranchis des mots pour raconter leur histoire.

Chapeau bas.

Lupano prouve une nouvelle fois qu’il est LE scénariste BD du moment, nous livrant à chaque fois une ambiance complètement différente mais toujours réussie. (Voir notamment Azimut, et Les vieux fourneaux qui font un tabac).

Un océan d’amour, Lupano et Panaccione, Delcourt, 2014, 24€95

La mort de Staline (intégrale)

mort-de-stalineVoici une bande dessinée historique en deux tomes, regroupés aujourd’hui dans une belle intégrale.

Thierry Robin, au dessin, nous avait déjà séduits avec Koblenz ou Rouge de Chine. Son travail reste ici remarquable, avec des personnages vraiment vivants.  Quant à Fabien Nury, au scénario, il a notamment participé à la série historique culte Il était une fois en France.

Ici les deux auteurs s’intéressent à un évènement précis, la fin du règne de Staline. Ils ont pris la liberté de broder autour de l’évènement mais l’ensemble reste tout à fait crédible et convaincant. Entre absurde et réalité historique, l’ambiance soviétique imprègne cet album.

Au tout début de cette histoire, Staline a une attaque… oui mais… qui a le droit d’appeler les médecins ? Les procédures seront-elles bien respectées, et à quel prix ?

Un petit bijou que j’ai enfin découvert à l’occasion de la sortie du tome 1 de Mort au Tsar, des mêmes auteurs.

La mort de Staline, intégrale, Fabien Nury et Thierry Robin, Dargaud, 2014, 24€95

Rouge comme la neige

rouge-comme-la-neigeCette bande dessinée est un one-shot (autrement dit un album auto-conclusif, une histoire complète en un seul tome) de toute beauté. J’ai d’abord été attirée par la qualité des illustrations, très détaillées, et par cette couleur marron, unique mais efficace.

Il s’agit d’un western, dans lequel l’héroïne est veuve, son mari est mort pendant le massacre de wounded knee (en 1890, des centaines d’indiens désarmés, dont des femmes et des enfants, ont été exécutés par l’armée américaine, quelques soldats sont morts aussi ce jour-là). Quelques mois plus tard, sa fille a disparu sans laisser de traces. 6 ans après les faits, elle apprend qu’un homme va être jugé pour kidnappings, et qu’il saurait quelque chose sur sa fille.

La vérité sera faite au terme d’une aventure trépidante, mais ce n’est pas du tout celle à laquelle on s’attendait…

Rouge comme la neige, Christian de Metter, Casterman, 2014, 18€

Elfes

elfes
elfes
A l’occasion de la sortie du tome 7, je vous présente enfin la série Elfes chez Soleil.

Elfes, c’est un projet de 5 histoires se déroulant dans le même univers, avec pour chacune une race d’elfes différente sur le devant de la scène, le tout écrit et dessiné par 5 auteurs et illustrateurs. Les 5 premiers tomes sont absolument bluffants, avec des scénarios et des écritures vraiment intéressants.  Ambitieux mais tout à fait cohérents et réussis, il s’en dégage une atmosphère particulière, magique et un brin nostalgique.

Le problème, c’est que j’avais compris que la série entière ne ferait que 5 tomes, or force est de constater que cela se poursuit…  Sans être vraiment mauvaise, la suite semble artificielle et de moins bonne qualité, et c’est franchement dommage quand on repense aux 5 premiers tomes. Les deux suivants méritent d’être lus, mais la qualité des premiers est loin d’être égalée.

Cette série vaut vraiment le coup, du tome 1 à 5. Pour la suite, à chacun de voir ce qu’il veut faire.

Elfes (série en cours, 7 tomes de février 2013 à  août 2014), Soleil, Jean-Luc Istin et Nicolas Jarry (concepteurs de la série), 13€95

Herakles

heraclesEdouard Cour, tout jeune auteur français, nous livre ici une première bande dessinée tout à fait bluffante !

Comme son nom l’indique, Herakles reprend la vie d’Hercule, et ses fameux travaux qu’il doit mener à bien pour accéder à l’immortalité et à l’Olympe. Un sujet mythologique donc, mais traité avec beaucoup de recul et d’humour.

Car c’est bien connu, ce demi-dieu (fils de Zeus et d’une humaine) est une brute épaisse, et il assume ici parfaitement ce rôle. Il utilise beaucoup ses muscles, mais pas trop celui qui est situé tout en haut entre ses deux oreilles.

heracles2Mais l’auteur ne se contente pas d’adopter une écriture drôle et efficace, ses graphismes sont aussi vraiment intéressants. On ne peut s’empêcher de penser à Sfar, et à son Socrate le demi-chien réalisé avec Blain.

C’était un pari risqué de s’atteler à cette tâche mais Edouard Cour s’en sort avec brio. Pour en savoir plus sur ses travaux  : www.edouardcour.com

On attend avec impatience le troisième et dernier tome !

A partir de 14 ans (il tape quand même beaucoup cet homme en colère).

Herakles tome 1 & tome 2, Edouard Cour, Akileos, 2012 & 2014, 18€